
ECOTOP a testé l'agroforesterie dynamique (DAF) comme alternative à l'agriculture sur brûlis, ne nécessitant ni feu ni intrants. Les chercheurs ont mené des essais de riz de montagne dans la région de l'Alto Beni, en Bolivie, de 2014 à 2018.
La méthode DAF a donné de meilleurs résultats que les pratiques conventionnelles, sans aucun apport externe ni rotation des cultures. Elle a permis d’obtenir des rendements moyens de riz de 1 560 kg/ha. Les systèmes de culture sur brûlis ont rarement dépassé les 1 000 kg/ha la première année. Les rendements issus de la culture sur brûlis ont ensuite diminué au cours des années suivantes. Les besoins initiaux en main-d’œuvre sont restés similaires entre les deux systèmes, mais le désherbage continu a diminué avec la méthode DAF.
Cette pratique s'est largement répandue. Plus de 250 agriculteurs en Bolivie appliquent désormais les principes du DAF. Plus de 2 000 agriculteurs au Ghana, en Sierra Leone, en Côte d'Ivoire et au Burkina Faso ont adopté ce système. Des centaines d'autres agriculteurs en Équateur l'utilisent également. En Équateur, une coopérative a converti plus de 600 hectares de cultures de cacao à des systèmes sans brûlage. Au Ghana, un autre projet a soutenu la mise en place d’une agriculture diversifiée basée sur le cacao (DAF) sur 400 hectares.
Des chercheurs ont étudié la biologie des sols dans des exploitations cacaoyères en Équateur. Ils ont comparé quatre exploitations DAF à quatre exploitations conventionnelles en monoculture, toutes âgées de 7 à 9 ans. Les sols DAF présentaient un rapport champignons/bactéries nettement plus élevé, passant de 0,29 en monoculture à 1,71 en DAF. Cette évolution est le signe d’un sol plus sain, plus proche de celui d’une forêt. Les sols DAF présentaient également un compactage nettement moindre. Cela a permis d’améliorer la pénétration des racines, la rétention d’eau et la résistance à des maladies telles que la moniliose et le « balai de sorcière ».
Les retours des agriculteurs ont confirmé ces conclusions. Dans les enquêtes menées, les agriculteurs ivoiriens ont classé les pratiques sans brûlage et la taille pédagogique parmi les innovations les plus utiles mises en œuvre par le DAF.
Les résultats se sont révélés cohérents dans quatre pays présentant des cultures et des pratiques agricoles différentes. Cette cohérence témoigne de la grande transférabilité du DAF en tant que modèle agricole.