Année2025
Conférence6e Congrès mondial sur l'agroforesterie
AuteursJoachim Milz, Mena Grossmann, Siéw Fileté Pood, Mirjam Traoré-Arnold, Ousseni Porgo, Petra Heid et Annina Böhlen

L'agroforesterie dynamique permet d'augmenter les rendements de noix de cajou de 67% dans 482 exploitations agricoles au Burkina Faso

Au Burkina Faso, des chercheurs ont converti 482 plantations de cajou non productives au modèle d'agroforesterie dynamique (DAF). Cette conversion s'est déroulée entre 2022 et 2024, dans 11 villages et sur une superficie de 120,5 hectares. Avant la conversion, les agriculteurs étaient âgés de 15 à 30 ans.

Les parcelles DAF comptaient en moyenne 736 arbres plantés par hectare. Elles ont également vu apparaître plus de 2 000 arbres issus d'une régénération naturelle par hectare. Les agriculteurs ont planté délibérément 16 espèces d'arbres. Plus de 20 autres espèces se sont régénérées spontanément.

Les chercheurs ont suivi 14 parcelles appariées réparties dans sept villages afin de procéder à une comparaison directe. Les rendements DAF ont systématiquement dépassé les rendements non-DAF. Ces derniers n’ont que légèrement augmenté, passant de 266 à 337 kg/ha entre 2022 et 2024. Les rendements DAF ont quant à eux fortement augmenté, passant de 383 à 654 kg/ha au cours de la même période. L'écart entre les deux systèmes a presque triplé, passant de 117 à 318 kg/ha. Toutes ces différences ont atteint un niveau de signification statistique élevé.

Les données collectées au niveau des exploitations agricoles sur l'ensemble des 482 parcelles ont confirmé cette tendance. Le rendement moyen avec la technique DAF a atteint 532 kg/ha. Le rendement sans la technique DAF n'a atteint que 376 kg/ha. Cela représente une augmentation de 29% pour la technique DAF.

Les gains de rendement se sont accentués à mesure que les systèmes arrivaient à maturité. Au cours de la première année suivant la conversion, le rendement du DAF a dépassé celui des cultures non-DAF de 291 TP3T. À la troisième année, cet écart atteignait près de 321 TP3T.

La formation et les infrastructures ont favorisé cette transition. Plus de 1 800 producteurs ont bénéficié d'une formation pratique à la gestion de la biomasse. Les pépinières gérées par des coopératives ont produit plus de 30 000 plants. Des supports pédagogiques visuels ont aidé les agriculteurs à reproduire le système de manière autonome.

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