
Des chercheurs ont testé cinq systèmes de culture du cacao en Bolivie. Il s'agissait notamment de monocultures conventionnelles et biologiques, d'agroforesterie conventionnelle et biologique, ainsi que d'agroforesterie successive. Ils ont enterré des sacs de litière remplis de feuilles de cacao et de mélanges de feuilles. Les sacs comportaient deux tailles de mailles : 0,1 mm et 2 mm. L'équipe a prélevé des échantillons au bout de 4, 8 et 12 mois.
La décomposition a été rapide dans tous les systèmes. La litière a perdu plus de 401 TP3T de son carbone en l’espace de 4 mois. Au bout de 12 mois, les pertes de carbone dépassaient 801 TP3T, et la quasi-totalité du phosphore et du potassium avait disparu. Le système de culture n’a eu qu’une influence limitée. La teneur en azote n’a augmenté que dans le cadre de l’agroforesterie conventionnelle, et ce uniquement au bout de 4 mois. La teneur en phosphore est restée plus élevée en agroforesterie qu’en monoculture, mais uniquement au bout de 8 mois. Aucune autre différence n’a été observée entre les systèmes.
La taille des mailles s’est avérée plus déterminante que le système de culture. Les sacs à grandes mailles ont perdu davantage de carbone, d’azote, de phosphore et de potassium que ceux à petites mailles au cours des premiers mois. Cela suggère que la colonisation microbienne et le lessivage, et non les animaux du sol, sont les principaux facteurs en cause. Le type de mélange de feuilles a également influencé la décomposition. Les sacs contenant un mélange varié de feuilles d’arbres d’ombrage (M2) ont conservé davantage de carbone et d’azote que ceux contenant uniquement des feuilles de cacaoyer. En revanche, les sacs contenant principalement des feuilles de cacaoyer (M1) n’ont pas présenté cette différence.
Enfin, l'équipe a évalué l'apport en nutriments provenant des résidus de taille. Ces résidus peuvent couvrir la majeure partie des besoins annuels en azote du cacaoyer. Ils ne couvrent toutefois que 5 à 351 TP3T de ses besoins en phosphore.