Année2017
ConférenceSymposium international 2017 sur la recherche sur le cacao (ISCR)
AuteursL. Armengot, P. Barbieri, C. Andres, J. Milz et M. Schneider

Coûts réduits, rendements supérieurs : l'agroforesterie surpasse la monoculture en Bolivie

Des chercheurs ont comparé, pendant cinq ans, des systèmes agroforestiers de culture du cacao et des monocultures en plein soleil dans la région de l'Alto Beni, en Bolivie. L'essai a porté à la fois sur des pratiques de gestion biologiques et conventionnelles pour chaque système.

Les monocultures ont généré des rendements en cacao supérieurs d'environ 40% à ceux des systèmes agroforestiers. Les monocultures conventionnelles ont produit des rendements nettement supérieurs à ceux des monocultures biologiques. Les systèmes agroforestiers n'ont pas présenté de différence de rendement entre les modes de gestion biologique et conventionnel.

Les systèmes agroforestiers ont généré des rendements de bananes et de plantains nettement supérieurs à ceux des monocultures. Les ventes de ces cultures d'accompagnement ont compensé la baisse des recettes issues du cacao sur les parcelles agroforestières. Les recettes totales sont restées comparables entre les deux systèmes.

Les systèmes agroforestiers ont permis de maintenir des coûts inférieurs à ceux des monocultures. L'agriculture biologique a également permis de réduire les coûts par rapport à l'agriculture conventionnelle, principalement en raison du coût élevé des engrais synthétiques.

L'agroforesterie a nécessité davantage de main-d'œuvre que la monoculture, avec en moyenne 16% jours de travail supplémentaires. Malgré cela, l'agroforesterie a généré un rendement du travail près de deux fois supérieur. Les marges brutes ont été supérieures de 51% dans les systèmes agroforestiers par rapport aux monocultures.

L'agriculture biologique n'a pas entraîné d'augmentation de la demande de main-d'œuvre dans les monocultures. Ce résultat contredit des études antérieures selon lesquelles les méthodes biologiques nécessiteraient davantage de travail. Les prix plus élevés du cacao biologique n'ont pas permis de combler l'écart de rendement par rapport aux monocultures conventionnelles.

L'étude conclut que l'agroforesterie offre de meilleurs rendements économiques aux petits exploitants agricoles, malgré des rendements en cacao plus faibles. La diversification des revenus grâce aux cultures d'appoint s'avère essentielle à la rentabilité. L'accès au marché pour la vente des bananes et des plantains reste déterminant pour préserver cet avantage.

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