L'agroforesterie successive favorise le stockage du carbone dans la biomasse au sein des systèmes de production de cacao : résultats d'une expérience comparative à long terme entre des systèmes biologiques et conventionnels

Année2025
JournalAgriculture, écosystèmes et environnement
AuteursHans-Martin Krause, Stéphane Saj, Johanna Rüegg, Ulf Schneidewind, Sina Lory, Marc Cotter, Wiebke Niether, Monika Schneider, Johannes Milz, Georg Cadisch et Laura Armengot

L'agroforesterie de succession atteint 135 t C/ha au bout de 14 ans, soit 63% de plus que la monoculture conventionnelle

Des chercheurs ont réévalué un essai sur le terrain mené pendant 14 ans en Bolivie. Ils ont mesuré la biomasse et le carbone organique du sol (COS) dans cinq systèmes de culture du cacao. Ceux-ci comprenaient des monocultures conventionnelles et biologiques, des systèmes agroforestiers conventionnels et biologiques, ainsi que l'agroforesterie de succession (SA). Le carbone de la biomasse a augmenté dans tous les systèmes entre 2011 et 2022. En 2022, les systèmes agroforestiers avaient plus que doublé la quantité de carbone de la biomasse par rapport aux monocultures. L’AF séquentielle (SA) a atteint 66,2 t C/ha. L’AF conventionnelle (OA) a atteint 55,4 t C/ha. L’AF de transition (CA) a atteint 52,8 t C/ha. Les deux monocultures sont restées proches de 26 t C/ha.

Les cacaoyers, à eux seuls, stockaient davantage de carbone en monoculture qu’en agroforesterie. Mais les arbres d’ombrage ont compensé cette différence. Ils ont contribué à hauteur de 60–72% au carbone total de la biomasse dans les systèmes agroforestiers. Les stocks de carbone organique du sol (COS) ont révélé une situation différente. Le SOC total (0–50 cm) ne présentait pas de différence significative entre les systèmes, ni en 2010 ni en 2020. Néanmoins, le carbone de la couche arable a augmenté davantage en agroforesterie qu’en monoculture. Les systèmes CA et SA ont tous deux enregistré des augmentations significatives du SOC de la couche arable entre 2010 et 2020.

La gestion biologique n’a eu aucun effet significatif ni sur la biomasse ni sur les stocks de carbone organique du sol (COS). Ce constat s’est vérifié dans toutes les comparaisons. En 2022, la biomasse et le carbone du sol combinés ont atteint un pic de 135 t C/ha en agriculture durable (SA). L’agriculture biologique (OA) suivait avec 132 t C/ha. L’agriculture conventionnelle (CA) a atteint 113 t C/ha. Les monocultures se situaient en queue de peloton, avec respectivement 103 t C/ha (culture biologique) et 83 t C/ha (culture conventionnelle).

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